L’Autorité de la concurrence a publié cet été son rapport annuel 2024, marqué par une intensité exceptionnelle de son action. Entre sanctions record, contrôle des concentrations et enquêtes sectorielles, l’année s’impose comme l’une des plus structurantes de l’histoire récente de l’institution.
L’année 2024 se hisse au deuxième rang des années où l’Autorité a infligé le plus d’amendes, avec 1,4 milliard d’euros de sanctions en huit décisions.
Les secteurs concernés sont stratégiques :
Ces décisions confirment la détermination de l’Autorité à sanctionner aussi bien les pratiques anticoncurrentielles traditionnelles (ententes, abus de position dominante) que les comportements liés à l’économie numérique.
En 2024, l’Autorité a examiné 295 opérations de concentration, soit une hausse de 10 % par rapport au précédent record de 2021.
Ces opérations concernent des secteurs variés :
Cette intensité illustre l’attention croissante portée aux mouvements de concentration susceptibles d’affecter la structure concurrentielle des marchés français.
(Infographie extrait du rapport de l’ADLC)
L’Autorité a rendu 314 avis et décisions en 2024. Parmi eux, huit avis consultatifs notables, dont deux enquêtes sectorielles sur :
L’institution confirme ainsi son rôle de vigie juridique et économique, anticipant les risques liés aux transitions numérique et écologique.
Pour la première fois, l’Autorité a publié des orientations informelles destinées à guider les entreprises dans la mise en conformité de leurs projets de coopération en matière de développement durable.
Deux avis ont déjà été publiés, marquant une étape importante vers une conciliation entre transition écologique et respect du droit de la concurrence.
Malgré une réduction de ses moyens financiers, l’Autorité a maintenu une action ambitieuse, ciblant les marchés numériques, l’Outre-mer, et les secteurs touchant directement le pouvoir d’achat des ménages.
Les priorités pour 2025–2026 sont claires :
L’année 2024 confirme la montée en puissance de l’Autorité de la concurrence, tant en matière répressive que préventive. Les entreprises doivent en tirer plusieurs enseignements :
Loin d’être un frein, cette vigilance peut devenir une opportunité pour les entreprises qui adoptent une culture de conformité proactive. La transparence dans les coopérations, le respect des règles en matière de données et la prise en compte des enjeux de durabilité seront autant d’atouts compétitifs dans les années à venir.
Par Cynthia Picart
25/08/25