Bilan d’activité 2024 de l’Autorité de la concurrence : une année record

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L’Autorité de la concurrence a publié cet été son rapport annuel 2024, marqué par une intensité exceptionnelle de son action. Entre sanctions record, contrôle des concentrations et enquêtes sectorielles, l’année s’impose comme l’une des plus structurantes de l’histoire récente de l’institution.

Sanctions : 1,4 milliard d’euros d’amendes

 

L’année 2024 se hisse au deuxième rang des années où l’Autorité a infligé le plus d’amendes, avec 1,4 milliard d’euros de sanctions en huit décisions.

 

Les secteurs concernés sont stratégiques :

  • Google (droits voisins de la presse) – 250 M€
  • Appareils électroménagers – 611 M€
  • Matériel électrique basse tension – 470 M€
  • Produits préfabriqués en béton – 76,6 M€
  • Transport aérien Outre-mer – plusieurs dizaines de millions d’euros.

 

Ces décisions confirment la détermination de l’Autorité à sanctionner aussi bien les pratiques anticoncurrentielles traditionnelles (ententes, abus de position dominante) que les comportements liés à l’économie numérique.

Concentrations : une vigilance accrue

 

En 2024, l’Autorité a examiné 295 opérations de concentration, soit une hausse de 10 % par rapport au précédent record de 2021.

 

Ces opérations concernent des secteurs variés :

  • Distribution alimentaire et non alimentaire (rachat de magasins Casino, reprise de Ludendo par JouéClub)
  • Audiovisuel (rachat d’OCS par Canal+, reprise de la branche média d’Altice par CMA CGM)
  • Aéronautique, jeux en ligne et nutrition animale
  • Marchés innovants comme les solutions de paiement de stationnement ou la publicité en ligne.

 

Cette intensité illustre l’attention croissante portée aux mouvements de concentration susceptibles d’affecter la structure concurrentielle des marchés français.

(Infographie extrait du rapport de l’ADLC)

Avis, enquêtes et rôle consultatif

 

L’Autorité a rendu 314 avis et décisions en 2024. Parmi eux, huit avis consultatifs notables, dont deux enquêtes sectorielles sur :

 

  • Les infrastructures de recharge pour véhicules électriques,
  • L’intelligence artificielle générative, un marché émergent avec des enjeux concurrentiels mondiaux.

 

L’institution confirme ainsi son rôle de vigie juridique et économique, anticipant les risques liés aux transitions numérique et écologique.

Développement durable et droit de la concurrence

 

Pour la première fois, l’Autorité a publié des orientations informelles destinées à guider les entreprises dans la mise en conformité de leurs projets de coopération en matière de développement durable.

Deux avis ont déjà été publiés, marquant une étape importante vers une conciliation entre transition écologique et respect du droit de la concurrence.

Contraintes budgétaires et perspectives

 

Malgré une réduction de ses moyens financiers, l’Autorité a maintenu une action ambitieuse, ciblant les marchés numériques, l’Outre-mer, et les secteurs touchant directement le pouvoir d’achat des ménages.

 

Les priorités pour 2025–2026 sont claires :

  • Surveillance renforcée des géants du numérique et de l’IA,
  • Accompagnement des initiatives durables,
  • Veille sur les secteurs sensibles au coût de la vie (l’Outre-mer encore dans la liste des priorité cette année).

L’année 2024 confirme la montée en puissance de l’Autorité de la concurrence, tant en matière répressive que préventive. Les entreprises doivent en tirer plusieurs enseignements :

 

  • Vigilance accrue : les pratiques anticoncurrentielles, même sectorielles ou locales, peuvent donner lieu à des sanctions lourdes.
  • Anticipation des opérations de concentration : les acteurs économiques doivent préparer en amont leurs dossiers pour éviter retards ou remèdes contraignants.
  • Innovation sous surveillance : IA générative, plateformes numériques et projets durables seront des terrains prioritaires de contrôle.

 

Loin d’être un frein, cette vigilance peut devenir une opportunité pour les entreprises qui adoptent une culture de conformité proactive. La transparence dans les coopérations, le respect des règles en matière de données et la prise en compte des enjeux de durabilité seront autant d’atouts compétitifs dans les années à venir.

Par Cynthia Picart


25/08/25

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